Jan Chełmiński, Orszak magnacki w podróży, 1880

Le voyage de Jean Sobieski en France et en Europe (1646-1648)

1646. Les conflits armés ravagent l’Europe depuis 1618. Jean Sobieski, qui deviendra roi de Pologne en 1674, a alors 17 ans. Malgré cette période troublée, appelée la guerre de Trente Ans (1618-1648), le jeune homme part à la découverte du continent avec son frère Marc. Il doit ainsi parachever son éducation, conformément aux pratiques du Grand Tour et aux traditions familiales des Sobieski.

Son itinéraire le fait traverser les territoires du Saint-Empire germanique, des Provinces-Unis, des Pays-Bas espagnols, de l’Angleterre et de la France, où il séjourne plus d’un an. Son parcours nous est connu grâce au récit de voyage de Sébastien Gawarecki, un des précepteurs du noble polonais : Dziennik podróży po Europie Jana i Marka Sobieskich, synów Jakuba, prowadzony przez Sebestyana Gawareckiego1.

Suivons les traces du futur Jean III Sobieski, roi de Pologne, et partons en pérégrination à travers l’Europe du XVIIe siècle.

Jean Sobieski face à la guerre de Trente Ans

La guerre de Trente Ans débute en mai 1618 avec la révolte des états de Bohême, majoritairement protestants, contre l’empereur. Après avoir expulsé les gouverneurs impériaux (défenestration de Prague), les états choisissent un nouveau souverain calviniste : l’électeur palatin Frédéric V. L’empereur réagit. Une Ligue catholique se met en place sous la direction de Maximilien de Bavière et avec le soutien des troupes espagnoles. Le 3 novembre 1620, la bataille de la Montagne Blanche signe l’échec de la révolte, mais non la fin des conflits.

Car d’autres États viennent se mêler aux affaires de l’Empire, en soutenant l’électeur déchu et le protestantisme et/ou en combattant la puissance des Habsbourg, perçus comme une menace. Le Danemark, la Suède puis la France relancent successivement les opérations. Les Pays-Bas et l’Espagne s’y engagent.

On distingue ainsi quatre phases du conflit : la guerre de Bohême (1618-1620), la guerre danoise (1621-1629), la guerre suédoise (1630-1634) et la guerre française (1635-1643/5). La paix de Westphalie (1648), préparée dès 1641-1643, restaure progressivement le calme au sein du Saint-Empire. Le traité d’Osnabrück mène à un accord entre la Suède et l’Empire, celui de Münster entre l’Empire et la France, le traité hispano-néerlandais entre l’Espagne et les Provinces-Unis2.

Fin de la guerre de Trente Ans, voyage de Jean Sobieski en Europe.
Gerard ter Borch, La ratification du traité de Münster, 1648.

Le voyage de Jean Sobieski a lieu lors de la dernière étape du conflit, alors que les pourparlers sont engagés. Guerre et paix trouvent ainsi un écho au sein de la relation de voyage de Sébastien Gawarecki.

Jean Sobieski découvre une Europe dévastée par les combats

Si la guerre de Trente Ans engage de nombreuses puissances, le sol allemand est le principal théâtre des opérations. Pour atteindre sa destination principale qu’est Paris, Jean Sobieski doit traverser ces territoires marqués par la guerre.

Jean Sobieski et sa suite quittent les frontières polonaises le 27 mars 1646. Leur itinéraire mène par Francfort-sur-l’Oder, Berlin, Wittenberg, Leipzig, Hambourg, puis Amsterdam, Utrecht, Bruxelles et Valenciennes.

Au long du parcours, les voyageurs observent les dévastations, en particulier dans le Saint-Empire. Dès la première ville traversée, à Francfort-sur-Oder, ils constatent : « Les murs sont endommagés à cause des tirs des Suédois »3. Partout, ils croisent des gens de guerre, comme aux abords de Leipzig, où les villageois fuient devant les voyageurs polonais, les prenant pour des soldats4.

Ces remarques, qui scandent le récit de voyage, rendent compte des conséquences de la guerre de Trente Ans. Elle a fait environ 500 000 morts parmi les soldats et autant de dégâts parmi les civils. Les régions les plus touchées sont la Poméranie, le Mecklembourg, le Württemberg, le Palatinat et la Franconie. Suivent le Brandebourg, la Saxe, la Silésie, la Bohême et la Bavière. Les populations civiles, surtout, ont subi les violences et les pillages de la soldatesque5.

Aussi, la paix est attendue et célébrée. Dans sa relation, Sébastien Gawarecki rapporte les nouvelles des négociations de Münster. Jean Sobieski visite les Pays-Bas au moment de la signature du traité hispano-néerlandais. Le précepteur décrit la joie et les célébrations qui l’accompagnent6.

Le Grand Tour confronte donc le jeune Jean Sobieski à la guerre. Son expédition deviendra une occasion d’observations et de rencontres personnelles qui lui offriront une première expérience militaire. L’acquisition d’une connaissance pratique étant bien l’un des enjeux du voyage éducatif.

Le voyage de Jean Sobieski : à la poursuite d’une première expérience militaire

Du 6 au 12 avril 1646, Marc et Jean Sobieski stationnent à Leipzig (électorat de Saxe), qui fut le théâtre d’événements majeurs. Deux batailles, opposant l’empereur et la Suède, eurent lieu dans ses environs, à Breitenfeld. Gustave-Adolphe remporta les deux affrontements. La première victoire, en 1631, remit en cause la domination impériale et permit aux Suédois de pénétrer le territoire allemand. La seconde, en 1642, fut tout aussi décisive. Elle désarma la Saxe et affaiblit l’empereur, donnant un avantage à la Suède pour les négociations de paix7. Depuis, Leipzig était aux mains des Suédois.

Ainsi, en arrivant à Leipzig, Marc et Jean Sobieski y rencontrent deux grands généraux : Lennart Torstensson, commandant en chef des armées suédoises en Allemagne de 1641 à 1645, et Carl Gustaf Wrangel, qui succède au premier de 1646 à 16488. Les deux hommes se sont illustrés lors de la seconde bataille de Breitenfeld.

Rencontre de Jean Sobieski et du général suédois Torstensson.
Bataille de Leipzig, 1642.

Aussi, le 10 avril, les nobles polonais se rendent sur ce champ de bataille pour y observer le terrain ainsi que les murailles de la ville. Auparavant, le 8 avril, Torstensson et Wrangel avaient invité les Sobieski à déjeuner, permettant les échanges. Au moment du départ, le 12 avril, les généraux suédois munissent les voyageurs d’un passeport et d’un compagnon pour faciliter leur passage par l’Europe9.

En se dirigeant vers Halle-sur-Saale, les Sobieski passent par Lützen, qui fut le spectacle d’une autre bataille sanglante en 1632. Les forces suédoises y défirent l’armée impériale, mais le roi de Suède y perdit la vie10. Sébastien Gawarecki rapporte les légendes à propos de ce lieu. Des fantômes y apparaîtraient la nuit pour semer la terreur auprès des passants11

Une formation à l’art des fortifications

À Leipzig comme ailleurs, les fortifications sont un point d’observation privilégié pour Jean Sobieski et ses compagnons de voyage.

Par exemple, les places fortes de Wolfenbüttel, Brunswick et Lüneburg occupent plusieurs pages du carnet de voyage de Gawarecki12. Le 16 avril, Wolfenbüttel suscite l’admiration du précepteur. « Cette ville est puissamment défendue, elle est entourée de murs, de remparts et de larges fossés en eau. Elle se situe près d’une plaine, d’où elle sème, de tout côté, la terreur à l’ennemi. Elle a des passages voûtés sous terre, en dessous des remparts. » Le lendemain, le prince de Brunswick-Lüneburg, prince allié de la Suède, invite Marc et Jean Sobieski à visiter les remparts de la ville et du château, habituellement interdits d’accès.

Les forteresses de Hollande ne sont pas en reste. En mai, les nobles polonais observent les places fortes d’Emdem (aux mains des Hollandais depuis quelques années), de Deldzijl, de Gröningen13. Ils visitent ensuite Amsterdam, Utrecht et La Haye, avant de se diriger vers le royaume des lys.

En juin 1646, Jean Sobieski arrive en France, d’où il se rendra en Angleterre en octobre 1647. Il revient sur le continent en novembre par les Provinces-Unis. Là, la formation militaire continue. Le jeune voyageur y prend des cours sur l’art des sièges et des fortifications14. En outre, il rencontre de grands guerriers, notamment l’amiral Van Tromp, célèbre pour sa victoire de la bataille des Dunes contre l’Espagne en 163915.

Grâce à son voyage à travers l’Europe, Jean Sobieski acquiert donc ses premières connaissances militaires. Sa destination principale reste cependant Paris, où il étudie et séjourne plus d’un an.

La France : destination privilégiée du voyage de Jean Sobieski

Le rôle central de Paris dans le parcours éducatif de Jean III Sobieski, roi de Pologne, nous est connu grâce aux Instructions (1645) de Jacques Sobieski, présentées dans un précédent article.

Là-dessus, Jean Sobieski ne constitue pas une exception. Dès la moitié du XVIe siècle, la France gagne en popularité auprès des élites polono-lituaniennes. Ce phénomène s’accentue aux XVIIe et XVIIIe siècles, au point de faire de Paris une étape incontournable dans l’itinéraire éducatif des jeunes nobles16.

Les mariages royaux franco-polonais favorisaient cette tendance. Au XVIIe siècle, la princesse nivernaise Louise-Marie de Gonzague épouse le roi de Pologne Ladislas IV Vasa (1645-1646), puis son successeur Jean II Casimir (1649). À ce sujet, Jacques Sobieski constatait, dans ses Instructions, que la cour serait désormais « à moitié française »17. Puis, en 1674, ce sera au tour de Jean III Sobieski de monter sur le trône avec une épouse française, Marie Casimire de la Grange d’Arquien.

Le récit de voyage de Gawarecki ne fournit pas d’informations supplémentaires sur le programme estudiantin de Jean Sobieski à Paris. En revanche, il permet de connaître les lieux fréquentés par le futur roi de Pologne.

À la découverte de Paris…

Gravure Paris en 1650 d'Israël Sylvestre (1621-1691).
Gravure Paris en 1650 d’Israël Sylvestre (1621-1691).

Marc et Jean Sobieski traversent la frontière française le 6 juin 1646 et parviennent à Paris le 9. Ils trouvent un logement permanent le 20 juin dans le quartier de l’Université, en face de la Sorbonne, obéissant ainsi aux conseils de leur père Jacques. Cependant, le 18 septembre, les deux frères changent de logis en s’installant au faubourg Saint-Germain18.

Entre-temps, leur père Jacques Sobieski est décédé, le 23 juin 1646. La triste nouvelle rattrape les jeunes magnats le 9 juillet. Le 10 août, le légat du pape célèbre une messe pour le repos de l’âme du sénateur chez les Dominicains de la rue Saint-Jacques19.

Outre ces moments forts, les voyageurs polonais découvrent les splendeurs de la capitale française. Dans ses notes de voyage, Sébastien Gawarecki décrit les ponts, les églises, les palais princiers et royaux de Paris. Il nous transporte au palais du Louvre en cours de modernisation, dans les jardins des Tuileries, au palais du Luxembourg, au Palais Royal, au palais Mazarin (hôtel Tubeuf). Il nous fait visiter la cathédrale Notre-Dame ou encore l’église Saint-Antoine. Ses pas nous font passer à côté du Parlement de Paris et de la statue équestre de Louis XIII sur la place royale (aujourd’hui place des Vosges)20.

Ce séjour prolongé en France est aussi l’occasion de découvrir les autres provinces du pays.

Le Tour de France de Jean Sobieski : quels lieux le futur roi de Pologne a-t-il visités ?

Marc et Jean Sobieski visitent d’abord les environs de la capitale : Saint-Denis et sa basilique ; Montmorency et son palais ; Montmartre et le lieu du martyre de saint Denis ; Saint-Germain et Rueil avec leurs châteaux ; Vincennes et la prison, où Jean Casimir Vasa a été détenu de 1638 à 164021.

À partir du 1er mai 1647, les nobles polonais quittent la région parisienne. Ils explorent successivement Orléans, Tours, Nantes, La Rochelle, Poitiers, Bordeaux, Montauban, Toulouse, Narbonne, Carcassonne, Perpignan, Montpellier, Nîmes, Arles, Marseille, Toulon, Aix-en-Provence, Avignon, Grenoble, Lyon, Fontainebleau, Amiens et Calais22. Ils passent également par des villes et des villages de moindre importance, bien que dignes d’intérêt. Gawarecki décrit de façon détaillée le village Richelieu, fondé par le cardinal. Il dépeint le château de Cadillac, où les jeunes Sobieski ont été accueillis par la duchesse d’Épernon23.

Lors de ce parcours, le précepteur mentionne à deux reprises Henri III, élu roi de Pologne (1573-1574) avant de devenir roi de France (1574-1589). À Blois, où le « tyran » Henri III a ordonné d’assassiner le duc de Guise. Et à Saint Cloud, où Jacques Clément a poignardé Henri III24.

Les jeunes Sobieski opèrent donc un véritable tour de France, complétant leur formation linguistique et intellectuelle acquise à Paris. À compter d’octobre 1647, ils continuent leur pérégrination à travers l’Angleterre, les Provinces-Unies et les Pays-Bas espagnols.

Conclusion : retour en Pologne et mise en pratique des apprentissages du voyage éducatif

À Bruxelles, en juin-juillet 1648, Marc et Jean Sobieski reçoivent de mauvaises nouvelles. Ces dernières les contraignent à regagner la Pologne. Le roi Ladislas IV est décédé le 20 mai 1648, ouvrant un nouvel interrègne*. Puis, la guerre éclate en Ukraine. Une lettre de Sophie Téophile Sobieska-Daniłowicz, mère de Jean Sobieski, ordonne à ses fils de revenir servir la République25.

Les jeunes nobles regagnent les territoires polono-lituaniens en septembre 1648. Ils rejoignent les champs de bataille en Ukraine pour combattre les Cosaques et les Tatares. Marc périt à cette occasion, laissant l’ensemble de l’héritage matériel et spirituel des Sobieski à Jean.

A son retour, ce dernier participe aux négociations de paix avec les Tatares. En 1654, il fait partie de la mission diplomatique de Bieganowski en Turquie. S’ensuit la guerre avec la Moscovie puis avec la Suède. Puis, dans les années 1660, Jean Sobieski soutiendra le parti français favorable aux réformes de l’État polono-lituanien26.

Autant d’occasions pour Jean Sobieski de mettre en pratique les apprentissages militaires et linguistiques acquis lors de son Grand Tour.

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  1. La relation de voyage a récemment été rééditée : Gawarecki Sebastian, Diariusz drogi. Podróż Jana i Marka Sobieskich po Europie 1646-1648, Sobieski Jakub, Instrukcja synom moim do Paryża, Kunicki-Goldfinger Marek (éd.), Warszawa, Muzeum Pałac w Wilanowie, Silva Rerum, 2013. Une édition du XIXe siècle est disponible en ligne : Dziennik podróży po Europie Jana i Marka Sobieskich oraz przydatna instrukcja ojca Jakuba Sobieskiego, Wojewody Ruskiego, dana synom jadącym za granicę, Warszawa, Wędrowiec, 1883, URL : https://www.wbc.poznan.pl/dlibra/publication/58670/edition/74610/content [consulté le 18.12.2023].
  2. Au sujet de la guerre de Trente Ans, nous renvoyons à la synthèse de Martin Wrede, La guerre de Trente Ans : le premier conflit européen, Malakoff, Armand Colin, 2021.
  3. Dziennik podróży…, op. cit., p. 23.
  4. Ibidem, p. 27.
  5. Plus à ce sujet dans Wrede Martin, op. cit., p. 181-197.
  6. Dziennik podróży…, op. cit., p. 175, 176, 185-186. Sur la célébration de la paix de Westphalie, voir Wrede Martin, op. cit., p. 218-219.
  7. En 1631, la Saxe rejoint le roi de Suède. En 1635, elle revient dans le camp impérial. Wrede Martin, op. cit., p. 91-103, 114, 146-148.
  8. Arne Losman, « Carl Gustaf Wrangel, Skokloster and Europe. A Display of Power and Glory in the Days of Sweden’s Dominance » in 1648. War and Peace in Europe, Münster, Westfälisches Landesmuseum, 1999, vol. 2, p. 639–648.
  9. Dziennik podróży…, op. cit., p. 27-29.
  10. Wrede Martin, op. cit., p. 104-108.
  11. Dziennik podróży…, op. cit., p. 29.
  12. Ibidem, p. 32-36.
  13. Ibidem, p. 42-44.
  14. Wójcik Zbigniew, Jan Sobieski, Warszawa, Państwowy Instytut Wydawniczy, 1982, p. 41. Dziennik podróży…, op. cit., p. 174.
  15. Wrede Martin, op. cit., p. 138.
  16. Voir à ce sujet : Orzeł Joanna, « Versailles dans le système éducatif des nobles et des magnats de la République des Deux Nations », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, 18/2021, URL : http://journals.openedition.org/crcv/19327 ; DOI : https://doi.org/10.4000/crcv.19327 [consulté le 11 janvier 2024] ; Kamecka Małgorzata, „Do cudzych krajów”. Edukacyjne podróże szlachty polskiej do Francji w epoce saskiej, Białystok, Wydawnictwo Uniwersytetu w Białymstoku, 2012.
  17. Orzeł Joanna, op. cit.
  18. Dziennik podróży…, op. cit., p. 56-57, 65.
  19. Ibidem, p. 64.
  20. Ibidem, p. 57-61.
  21. Ibidem, p. 62-64. Jean Casimir Vasa a été accusé d’espionnage en faveur de l’Espagne et arrêté par le cardinal Richelieu.
  22. Dziennik podróży…, op. cit., p. 67-147.
  23. Ibidem, p. 74-77, 91-92.
  24. Ibidem, p. 64, 69. Sur l’image d’Henri III en France et en Pologne, voir : « L’expérience polonaise d’Henri III dans les écrits de la Ligue : un réquisitoire contre le Valois tyran » in M.-I. Ducrocq, L. Ghermani (dir.), Le Prince, le tyran, le despote : figures du souverain de la Renaissance aux Lumières, Paris, H. Champion, 2019, p. 95-112.
  25. Dziennik podróży…, op. cit., p. 186-188.
  26. Voir l’article Jean III Sobieski : le destin exceptionnel d’un élu roi de Pologne.

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