Glossaire de l'ancinne République de Pologne Lituanie

Glossaire de l’ancienne République de Pologne-Lituanie

Sur cette page, sont définis les termes permettant de comprendre les livres et les articles qui sont publiés sur ce site. Le glossaire sera régulièrement mis à jour. Si vous souhaitez connaître la signification d’autres termes en lien avec l’ancienne République de Pologne-Lituanie, faites-le moi savoir en commentaire ou en prenant directement contact.

A

Articles henriciens (Artykuły henrykowskie)

Document juridique à valeur constitutionnelle rédigé à l’occasion de l’élection d’Henri de Valois au le trône de Pologne (1573). Il pose les fondements institutionnels de la République de Pologne-Lituanie. Il affirme entre autres l’électivité du trône, définit les limites du pouvoir royal et rend obligatoire la convocation de la diète tous les deux ans. Un roi nouvellement élu doit prêter serment de respecter ces articles pour pouvoir monter sur le trône. En cas de non-respect, les sujets sont déliés de leur devoir d’obéissance.

B

C

Castellan (kasztelan)

Du latin castellum, c’est-à-dire « château », le castellan est un dignitaire qui exerce le pouvoir au nom du souverain sur un château et sur le territoire qui en dépend (castellanie, kasztelania). Au Moyen-Age, il est responsable de la défense du territoire, de la justice et de la collecte des impôts. À l’époque moderne, son rôle diminue. Il consiste avant tout à rassembler l’arrière-ban, qu’il doit amener au voïévode. Les castellans siègent au sénat. Dans la hiérarchie sénatoriale, ils se placent en-dessous des voïvodes, à l’exception du castellan de Cracovie qui est le premier sénateur civil de la République.

Chambre des nonces (izba poselska)

Chambre basse de la diète, elle se compose des nonces choisis par la noblesse au sein des diétines.

Champ électoral (pole elekcyjne)

Lieu où se déroulaient les élections des rois de Pologne et de Lituanie. Celles-ci avaient lieu en pleine campagne dans les alentours des villages de Kamień et de Wola, près de Varsovie.

Confédération (konfederacja)

Union volontaire d’un groupe de personnes qui s’assemblent au nom du bien commun pour atteindre un objectif politique précis. Les confédérations étaient de diverses sortes. Lors des interrègnes, les confédérations générales avaient pour but de maintenir l’ordre dans l’État, momentanément sans monarque. C’était, par exemple, le cas de la confédération de Varsovie (1573). De même, en 1665, la confédération de Tyszowice s’est unie pour défendre le territoire et combattre les armées suédoises qui ont envahi la République. Néanmoins, les confédérations se formaient également dans le contexte de combats politiques intérieures. L’opposition pouvait se confédérer pour s’opposer au pouvoir royal, dont les partisans créaient une confédération pour sa défense. Des partis concurrents pouvaient ainsi se confédérer pour poursuivre des objectifs opposés, augmentant les risques de guerre civile. À la tête de chaque confédération, se trouvait un maréchal. Dans les diètes confédérées, on pratiquait le vote à la majorité des voix, contrairement à l’unanimité, requise dans les diètes ordinaires. La confédération pouvait ainsi devenir un moyen pour contourner le liberum veto. Voir Liberum veto.

D

Diète (sejm)

Assemblée générale de la République de Pologne-Lituanie, qui se compose de deux chambres : le sénat et la chambre des nonces. Elle se rassemble par ordre royal tous les deux ans pour une durée de six semaines. En cas de nécessité, le roi peut également convoquer des diètes extraordinaires, d’une durée de deux semaines. La diète est l’organe suprême de la République : elle fait les nouvelles lois, vote les impôts, décide de la guerre et de la paix. Chaque nouvelle résolution nécessite l’accord unanime des trois ordres réunis : le roi, le sénat et la chambre des nonces. La diète se tient le plus souvent à Varsovie, plus rarement à Grodno.

Diète de concovation (sejm konwokacyjny)

Diète convoquée par l’interrex (le primat) en période d’interrègne, à la suite du décès du roi, dans le but d’organiser l’élection d’un nouveau monarque. Cette assemblée décide du temps et du lieu de l’élection.

Diète d’élection (sejm elekcyjny)

Diète en temps d’interrègne convoquée dans le but d’élire un roi. Les débats visent trois objectifs : choisir le meilleur candidat au trône, définir ses engagements (rassemblés dans les Articles henriciens et les Pacta Conventa) et corriger les abus du règne précédent.

Diète de couronnement (sejm koronacyjny)

Diète tenue à l’occasion du couronnement d’un nouveau roi. Elle se tient toujours à Cracovie.

Diétines (sejmiki)

Assemblées locales, organisées selon les voïvodies, les terres ou les districts, qui gèrent les affaires locales et élisent les députés à la diète. Adolf Pawiński distingue trois fonctions des diétines en tant qu’« organe de représentation et d’organisation lors des interrègnes », « organe de représentation en temps ordinaire » et « organe d’administration ». Adam Lityński classifie les diétines selon le but de leur rassemblement : les diétines visant à élire les nonces à la diète et à la préparer (sejmiki przedsejmowe), les diétines de relation tenues après la diète (sejmiki relacyjne), les diétines qui élisent les députés au tribunal (sejmiki deputackie), les diétines économiques (sejmiki gospodarcze) et les diétines extraordinaires. L’historien Andrzej Rachuba mentionne également les diétines confédérées, les diétines fiscales et les rassemblements pour l’arrière-ban. Ces classifications reflètent l’étendue des compétences des diétines, qui englobent les domaines politiques, économiques, judiciaires et militaires.

E

Échanson (podczaszy)

Fonction à la cour qui consiste à servir à boire au roi.

Écuyer tranchant (krajczy)

Fonction à la cour qui consiste à goûter et à découper les plats lors des festins royaux.

Élection vivente rege (elekcja vivente rege)

Élection d’un nouveau monarque réalisée du vivant du roi régnant. Dans les années 1650-1660, la cour royale a tenté d’introduire l’élection vivente rege en Pologne-Lituanie pour éviter les inconvénients liés aux interrègnes. Sans succès.

F

G

Grand Maréchal (marszałek wielki)

La plus haute charge ministérielle au sein de la République polono-lituanienne (XVIe-XVIIIe siècle). On compte deux grands maréchaux : un pour la Couronne de Pologne, un autre pour le Grand-duché de Lituanie. La dignité de leur fonction est symbolisée par le bâton de maréchal qu’ils portent toujours devant le roi. Leur rôle principal est de veiller à la sécurité du roi. À cet effet, le maréchal commande à la garde royale (à partir de 1632) et dispose d’un tribunal, compétent dans un rayon d’un mille autour du lieu de résidence du monarque. En outre, il est responsable de l’ordre et de la police lors de la tenue des diètes (y compris en temps d’interrègne). Il est membre du sénat, où il occupe la deuxième place après le primat, et où il prend la parole au nom du roi. En cas de besoin, il convoque le sénat et préside à ses réunions. Enfin, il veille au bon fonctionnement de la cour, où il prend soin de l’étiquette, accueille les députés étrangers, organise les audiences royales… En cas d’absence, les grands maréchaux sont remplacés par les maréchaux de la cour (marszałek nadworny).

H

Hetman ou  grand général (hetman wielki)

Du XVIe au XVIIIe siècle, il s’agit du commandant en chef des armées de la République polono-lituanienne. Il existe deux grands généraux : un pour la Couronne de Pologne, un autre pour le Grand-Duché de Lituanie. Ils ont des remplaçants, nommés hetman polny. À partir du règne d’Étienne Báthory, les hetmans sont nommés à vie par le roi. À partir de 1669, cette charge ne peut être cumulée avec les fonctions de chancelier et de maréchal.

I

Interrègne (interregnum, bezkrólewie)

Période qui s’ouvre avec le décès du roi régnant et s’achève avec l’élection et le couronnement du nouveau monarque. Les fonctions royales sont alors endossées par l’interrex. Ce dernier convoque trois diètes dans le but d’élire un nouveau roi : la diète de convocation, la diète d’élection et la diète de couronnement.

Interrex

Voir Primat.

J

K

L

Liberum veto

Droit de veto de chaque nonce sur les décisions de la diète. Ce droit résulte du principe de l’unanimité qui impliquait l’accord de tous les membres de la République pour voter une loi, mettre en place un nouvel impôt, etc. Cette unanimité a longtemps été atteinte à force de discussions, de concessions réciproques et enfin du ralliement de l’opposition minoritaire à la majorité, au nom du bien commun et de la concorde publique. L’unanimité était perçue comme une façon de garantir l’unité de la République, tout en prenant en compte l’intérêt de chacun de ses membres. Ce n’est qu’à partir de la moitié du XVIIe siècle que l’unanimité prend la forme du « liberum veto ». En 1652, le nonce Ladislas Siciński, offensé par un décret royal, rompt l’unanimité, exprime son veto et quitte la diète, paralysant par-là les débats. La diète se sépare sans prendre de résolution. Si cette attitude est universellement condamnée, elle se reproduira de plus en plus souvent, au point de devenir un principe généralement admis. Depuis lors, l’opposition d’un seul nonce, qui l’exprime solennellement par un « Je ne le permets pas » (Nie pozwalam) puis quitte la diète, annule la décision prise, même si elle a le soutien de tous les autres nonces et sénateurs. Cet abus du principe de l’unanimité conduit à un déclin de la vie politique polono-lituanienne et à la paralysie de nombreuses diètes jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. À noter que dans la pratique, l’opposition d’un seul individu, qui ne disposait d’aucun soutien, ne rompait pas la diète. Le liberum veto était efficace uniquement si le nonce réfractaire était soutenu et suivi par un plus grand nombre de députés, qui avaient intérêt à contrer une résolution. Il était possible de contourner les effets du liberum veto en transformant la diète en confédération, où les décisions étaient prises selon le principe de la majorité. Cette solution présentait néanmoins d’autres dangers. Voir Confédération. Le principe de l’unanimité puis le liberum veto s’appliquaient également dans les diétines. Des propositions de réforme à ce sujet ont été émises dès le XVIIe siècle puis tout au long du XVIIIe. Dans les années 1760, des réformes limitent l’usage du liberum veto, d’abord dans les diétines puis à la diète. Enfin, la Constitution du 3 Mai abroge cette pratique, et avec elle, le principe de l’unanimité, au profit du vote à la majorité simple.

M

Maréchal (marszałek)

Voir Grand Maréchal.

Maréchal de la cour (marszałek dworu)

Voir Grand Maréchal.

Maréchal de la diète (marszałek sejmu)

Dignitaire choisi par la chambre des nonces pour présider aux débats. Son rôle est de veiller au respect de l’ordre du jour, de donner la parole, de maintenir l’ordre et la paix entre les délibérants, de déterminer les horaires des séances. Il est le représentant de la chambre des nonces devant le roi et le sénat, auxquels il présente les décisions de la chambre. Un nouveau maréchal est élu à chaque début de diète. Une même personne ne peut présider à la diète deux fois de suite. À partir de 1678, le maréchal doit être élu le premier jour de l’assemblée. Selon la coutume, le maréchal doit être originaire alternativement de la Grande-Pologne, de la Petite-Pologne et de la Lituanie. Les nonces de la province du maréchal votent en premier.

N

Nonce

Député élu par les diétines pour représenter la noblesse locale à la diète.

O

Ordination (ordynacja)

Disposition qui devait empêcher le partage de la fortune d’un défunt. Selon celle-ci, les biens du défunt n’étaient pas répartis entre les membres de la famille, mais entièrement transmis au fils aîné. L’ordination était pratiquée par les magnats, dans le but de consolider leur fortune.

P

Pacta Conventa

Document qui rassemble les promesses et les obligations contractées par un roi nouvellement élu envers la noblesse, le trésor et l’État polono-lituanien. Il s’agit généralement d’engagements d’ordre pécuniaire et matériel (remboursement des dettes, entretien des armées, soutien aux écoles…). Tout comme les Articles henriciens, ils sont soumis au serment du nouvel élu.

Palatin/palatinat

Voir voïvode/voïvodie.

Piast

Nom de la dynastie polonaise qui a régné sur le royaume de Pologne du Xe au XIVe siècle. Du XVIe au XVIIIe siècle, on nomme Piast tout Polonais qui se porte candidat au trône de la République de Pologne-Lituanie. Le parti des Piast ou des Piastins rassemble ceux qui soutiennent l’élection d’un roi polonais (ou lituanien), par opposition aux candidatures étrangères.

Primat (prymas)

Fonction exercée par l’archevêque de Gnesne, qui lui donne la primauté sur les autres évêques et archevêques de Pologne. À partir de 1573, il endosse le rôle d’interrex, c’est-à-dire qu’il prend la place du roi lors des interrègnes. Pendant ces périodes, il dirige les affaires de l’État. Il convoque les diètes et les diétines en vue de l’élection. Il proclame l’élection du nouveau monarque et préside à la cérémonie de couronnement. Enfin, il dirige le sénat lors des absences royales et juge si une déclaration de non-obéissance des sujets est légitime.

R

Russie (Ruś)

Jusqu’au XVIIIe siècle, le nom de Russie était attribué à une province de la République de Pologne-Lituanie. Elle comprenait les terres de Chełm, Halicz, Lviv, Przemyśl et Sanok. L’État des tsars était appelé Moscovie.

S

Sénat (senat)

Chambre haute de la diète, présidée par le roi, qui se compose des évêques et de hauts dignitaires civils nommés à vie par le monarque (voïvodes, castellans, ministres : grands maréchaux, maréchaux de la cour, chanceliers, vice-chanceliers, trésoriers). Le sénat joue également le rôle de conseil royal. Les Articles henriciens mettent en place la fonction de sénateurs-résidents, qui assistent continuellement le monarque.

T

U

V

Viritim

Ce principe accorde à tout noble le droit de participer personnellement à l’élection du roi.

Vivente rege

Voir Élection vivente rege.

Voïvode (wojewoda)

Un des plus hauts dignitaires de l’ancienne Pologne, placé à la tête d’une voïvodie. Au Moyen-Age, il disposait de nombreux pouvoirs dans les domaines de la police, de la justice et de la guerre. Ses compétences s’amenuisent à l’époque moderne. Sa fonction principale est de mener l’arrière-ban au point de rassemblement de l’armée. Son nom, issu du polonais wodzić, c’est-à-dire « diriger, commander », et woje, c’est-à-dire « chevaliers, soldats », fait écho à cette mission. Les voïvodes siègent au sénat, où ils occupent les premières places civiles (après le castellan de Cracovie).

Voïvodie (województwo)

Principale division territoriale et administrative de la République de Pologne-Lituanie, elle-même divisée en terres (ziemie) et/ou districts (powiat).

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